Une décision hallucinante, chapitre 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 ... et 11 ! Le ministère brade la formation des maîtres

jeudi 17 février 2011
par  S3 Montpellier
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Une décision hallucinante, chapitre 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 ... et 10 !

Le ministère brade la formation des maîtres

NB : étant donné les modifications plus que fréquentes du « dispositif » ministériel, nous avons fait le choix d’une mise à jour la plus régulière possible. Pour les lecteurs qui auraient manqué un ou plusieurs épisodes, il faut reprendre à partir du chapitre 1, ci-dessous

Chapitre 11, 2 janvier 2011 : un premier bilan désastreux

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le bilan du premier trimestre de « formation » des stagiaires selon le dispositif Chatel est mauvais, voire catastrophique. Les stages organisés en septembre et octobre sont jugés très sévèrement par les stagiaires eux-mêmes comme théoriques, peu efficaces ou inadaptés. Et encore certains n’en ont bénéficié que partiellement, parfois pas du tout, car faute de remplaçant ils ont du prendre leurs classes en charge avant les vacances de Toussaint, voire dès la rentrée.

Voilà qui prouve par l’absurde qu’une formation pédagogique en parallèle du service en responsabilité dans les classes est indispensable, afin de prendre le recul indispensable, de permettre une analyse critique et constructive des cours, des échanges entre les stagiaires… Cela implique nécessairement un service ne dépassant pas le tiers d’un service complet, ce que le Snes ne cesse d’exiger auprès de L Chatel. Une évidence pour tout le monde… sauf pour notre ministre. Ensuite, à la rentrée de Toussaint ce fut le grand saut… dans le vide. Là encore le jugement des stagiaires est sans appel : difficultés massives à gérer les classes, avec dans quelques cas des situations qui prennent des proportions inquiétantes et des stagiaires quasiment à la dérive, une surcharge de travail souvent impossible à gérer, et pour tous, le système D, la préparation des cours dans l’urgence, le manque de temps, l’impossibilité d’avoir un regard et une réflexion critiques sur la pratique pédagogique et le sentiment désastreux de ne pas pouvoir progresser. Quant au dispositif d’aide mis en place par le rectorat, pour la plupart des stagiaires c’est l’arlésienne.

Enfin, nouveau motif d’inquiétude, et pas le moindre : la phase dite de « tuilage » va commencer en janvier avec le remplacement, en principe pour deux périodes de 2 semaines, des stagiaires par des étudiants en M2, censé permettre aux stagiaires de suivre une formation de 4 semaines. Outre que l’information des stagiaires sur cette phase est réduite à sa plus simple expression, chacun s’attend à de nouveaux « bugs » - dans plusieurs disciplines, il n’y a en effet pas assez d’étudiant – et se demande ce que va faire le rectorat... probablement faire appel à des Tzr ou à des contractuels là où il en reste, et dans les autres cas priver le stagiaire de ces 4 semaines de formation. Le bilan de ce premier trimestre suffit à montrer que le dispositif ministériel, mis en place dans le seul but d’économiser plusieurs milliers de postes, est désastreux.

Les stagiaires ont besoin de s’organiser pour se défendre, et défendre le principe d’une véritable formation pédagogique. Le Snes les soutient, poursuit ses interventions en direction du rectorat et du ministère et les aide à mettre en place une structure collective : une réunion des stagiaires est prévue le 13 janvier à l’IUFM de Montpellier.

Chapitre 10, 29 septembre 2010 : on n’arrête pas le progrès !

Parmi les stagiaires à qui on avait imposé de remplacer eux-mêmes… leur remplaçant (faute de trouver un remplaçant), certaines situations ont évolué, notamment suite à nos interventions et à celles des collègues, le rectorat ayant fini par nommer un remplaçant (la situation du remplacement est telle dans notre académie que dans certaines disciplines le rectorat fait appel à des retraités et à des étudiants). Mais tous ces cas ne sont pas réglés. Près de 4 semaines après la rentrée il reste encore des stagiaires qui assurent la totalité de leur service en classe et ne peuvent pas « bénéficier » du peu de « formation » qui a survécu au dispositif ministériel. De nouvelles situations se présentent, qui montrent que certaines imaginations n’ont pas de limite et que ce dispositif permet toutes les dérives : ainsi tel stagiaire affecté en lycée dont le tuteur, exerçant dans un collège, vient de tomber malade, et de qui le chef de l’établissement où exerce le tuteur exige qu’il remplace… son tuteur… en collège. Il faut dire à sa décharge que l’exemple vient de plus haut : en effet, dans au moins 2 disciplines, les stagiaires ont eu le plaisir de recevoir un mail leur expliquant que les « quelques difficultés » de rentrée étaient « résolues », qu’ils pouvaient donc se « consacrer à leur formation » et à « se préparer à prendre en charge leurs classes à la rentrée de Toussaint », et 2 lignes plus loin que leur tuteur étant « invité à participer à une journée de formation » , ils devaient « le remplacer dans ses cours ». Le rectorat, que nous avons alerté sur ces dérives, n’était pas au courant et doit y mettre bon ordre. A suivre…

Chapitre 9, 3 septembre 2010 : couacs en stock !

Un premier bilan, qui pour être encore très partiel, n’en est pas moins significatif de l’improvisation qui préside à ce dispositif mis en place par le ministère pour supprimer plus de 4000 postes. D’abord les affectations des stagiaires, dont le nombre s’est révélé sensiblement plus important que prévu, dans notre académie comme d’ailleurs dans bien d’autres. Pour faire face à cette augmentation imprévue et annoncée au dernier moment, le rectorat a dû chercher à la hâte de nouveaux berceaux. Résultat : des TZR affectés en juillet puis désaffectés en août, des stagiaires affectés sur 2 établissements sur des berceaux « équestres » qui étaient en principe prohibés, des stagiaires nommés dans des établissements difficiles, ce qui ne devait pourtant pas se produire. Avec un retour de manivelle inattendu, quelques stagiaires (en petit nombre) sont passés à travers les gouttes et ont été affectés sur des services sensiblement inférieurs à 18h : pour ces quelques cas, des conditions un peu moins inacceptables pour leur année de stage, à moins que Bercy… Nombreux sont les stagiaires qui n’ont toujours pas de tuteur : visiblement le refus collectif de ce dispositif inadmissible continue de gagner du terrain. Certains d’entre eux ont alors reçu le conseil… d’aller au petit bonheur dans les autres classes pour observer comment se passe un cours. Peut-être la naissance d’un concept nouveau, celui de tutorat sans tuteur ? Cerise sur le gâteau, les remplaçants qui devaient remplacer les stagiaires jusqu’à la Toussaint ne sont pas tous nommés. Et comme dans plusieurs disciplines, du fait de suppressions massives et répétées de postes (lettres classiques, mathématiques… cf. le chapitre 8), il n’y a déjà plus de TZR et le rectorat a commencé de recruter des contractuels, cet aspect aussi du dispositif se lézarde. Dans quelques établissements à la pointe du progrès, on n’a rien trouvé de mieux que d’ordonner aux stagiaires concernés… de prendre leurs classes dès la rentrée. Ceux-là n’auront donc même pas le peu de formation qui a réussi à survivre à ce dispositif. On attend avec impatience les réponses du rectorat et du ministère. Notre ministre a beaucoup insisté sur l’importance qu’il attachait à la sécurité dans les établissements, et donc à la vie scolaire. Il ne devrait donc pas manquer de s’intéresser de très près à notre académie, où l’on manque aussi cruellement de Conseillers Principaux d’Éducation : précisément 19 établissements sont touchés par l’insuffisance du nombre de CPE (là encore, des conséquences directes des suppressions de postes). Ces dernières années, des contractuels, qui ont donc acquis une expérience professionnelle importante, étaient affectés sur les postes non pourvus par des CPE titulaires. Pour des raisons d’insuffisance budgétaire, ces contractuels se retrouvent au chômage, et le rectorat nomme sur ces postes… des Assistants d’Éducation, qui n’ont ni les diplômes, ni l’expérience requis. Quant au remplacement jusqu’à la Toussaint des 10 stagiaires CPE, il sera lui aussi assuré par des Assistants d’Éducation. Voilà qui ne manque pas d’interroger sur le sens que l’on donne au mot priorité, et de conforter notre appel à la grève le 6 septembre.

Chapitre 8, 9 juillet 2010 : dégâts collatéraux en cascade.

Le but essentiel de la réforme des lycées est de… supprimer des postes, c’est maintenant de notoriété publique, en dépit de multiples et anciennes déclarations ministérielles, depuis que la Fiche 10 a été mise sur la place publique. Les sciences physiques font partie des disciplines les plus lourdement touchées, ce qui a entraîné de multiples suppressions de postes dès cette année dans les lycées, et un accroissement très important du nombre de TZR dans cette discipline. Comme par ailleurs le manque de professeurs de mathématiques, qui résulte de l’insuffisance des recrutements (Capes, agrégation) se fait de plus en plus cruellement sentir (plusieurs postes restant vacants dans notre académie en mathématiques où il ne reste presque plus de Tzr) le rectorat cherche à affecter des professeurs de physique… en mathématiques. Ils n’ont ni les diplômes ni la formation correspondants ? Qu’à cela ne tienne, on leur donnera… quelques demi-journées de formation. D’ailleurs l’exemple vient d’en haut : chacun se souvient des déclarations expliquant que pour pallier au manque de plus en plus criant de professeurs, il suffisait de faire appel à des étudiants et à des retraités. On va donc assister au paradoxe suivant : les stagiaires de physique qui n’ont aucune formation pédagogique ni aucune expérience vont assurer un service complet devant élèves, alors que plusieurs dizaines de professeurs expérimentés de la même discipline sont en attente d’un remplacement et vont être fortement incités à enseigner une discipline pour laquelle ils n’ont pas été formés et pour laquelle ils n’ont pas les diplômes universitaires requis. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Chapitre 7, 26 mai 2010 : ou comment remplacer la formation publique par des formations privées.

Chacun mesure aujourd’hui les multiples dégâts que le dispositif ministériel (cf. chapitres précédents) va entraîner : d’abord sur les stagiaires eux-mêmes, mais aussi sur les élèves (environ 40 000 dans notre académie, plus d’un million au plan national), mais encore sur les personnels en exercice (blocage des mutations…), et globalement sur la qualité du Service Public d’Éducation. Mais il est aussi des effets collatéraux qui montrent que tout le monde ne perd pas le nord et que nombreux sont ceux qui ne nourrissent aucune illusion sur la qualité de la « formation » qui sera offerte aux futurs enseignants à la prochaine rentrée.

En témoigne l’apparition d’un site – privé – proposant aux professeurs des écoles stagiaires un stage de prise en main de leur première classe, organisé fin août dans 32 villes, et leur expliquant, probablement pour les motiver, qu’à la rentrée ils vont se retrouver devant une classe… sans y avoir été préparé. Entre un tel stage et le « kit de démarrage », on voit fleurir une conception du métier d’enseignant tout aussi hallucinante que le dispositif ministériel.

Le même site propose ensuite, à chaque vacance scolaire, des stages d’accompagnement de 5 jours, ainsi qu’un « coaching pédagogique personnalisé ».

Une initiative, probablement la première d’une longue série, qui montre comment l’État, en se désengageant d’une de ses missions fondamentales – la formation de ceux qui auront la mission de former la jeunesse de notre pays pour les 40 prochaines années – la cède… au privé. On attend avec impatience la réaction du gouvernement.

Chapitre 6.1, 17 mai 2010, l’usine à gaz se délocalise.

Des rumeurs faisaient état depuis plusieurs jours de nouvelles modifications dans le dispositif rectoral. Le Ctpa qui s’est tenu aujourd’hui permet d’y voir plus clair. Des précisions ont été apportées sur l’organisation des « formations ». « Kit de démarrage » (sic) : 6 jours (voilà qui va certainement rassurer les stagiaires, et les parents) ; « compléments disciplinaires » : 3 jours ; « accompagnement des pratiques professionnelles » : 5 jours (dont un pour préparer le "tuilage") ; travail en interdisciplinarité : 2 jours ; "tuilage" (qui se voit ainsi promu au rang de formation) : 8 jours ; 15 jours de pratique accompagnée ; et 10 jours de formation sur… la responsabilité professionnelle de l’enseignant.

Il faut noter que ce dispositif est intégré au dispositif général de formation continue des personnels. Exit donc le principe d’une formation spécifique des stagiaires. Pour la 1ère période de formation (septembre – octobre), il est prévu chaque semaine pour les stagiaires 3 jours de pratique accompagnée, généralement dans la classe du tuteur, suivis de 2 jours de formation.

Pour la 2ème période de « formation » (janvier – février) le dispositif annoncé le 22 mars est maintenu : une répartition des différentes formations est organisée pendant les 4 semaines où l’étudiant en M2 prendra seul en charge les classes du stagiaire ; les 2 semaines de tuilage entre le stagiaire et l’étudiant (cf. ci-dessous chapitre 5) font partie intégrante de la formation, ce qui tend à confirmer que c’est finalement le stagiaire… qui formera l’étudiant. Les tuteurs assureront en même temps la fonction de professeur référent pour les étudiants en M2.

Les pires craintes se voient ainsi confirmées : à La Toussaint, les 275 stagiaires devront prendre seuls leurs classes en charge, avec pour toute expérience un « kit de démarrage » et 21 jours de pratique accompagnée

Chapitre 6.2, 17 mai 2010, implantation des berceaux : dur d’être un stagiaire !

Ensuite, une liste de « berceaux » a été communiquée à notre demande. Nous allons la diffuser aux responsables Snes des établissements, qui auront souvent la surprise de constater que des berceaux sont prévus dans leur établissement alors même que la plupart des collègues ont déjà fait savoir qu’ils n’accepteraient pas d’assumer la fonction de tuteur. En fait, une grande partie des tuteurs seront connus… plus tard, et seront choisis si possible dans l’établissement, sinon dans un autre établissement. Plusieurs établissements accueilleront 3, 4 et même 5 stagiaires.

Cette liste n’est pas définitive, et va subir encore des évolutions, en fonction des réactions des établissements concernés, mais aussi parce qu’elle comporte 13 berceaux dans des établissement d’Éducation Prioritaire (RRS, sensibles, plan violence…) sur lesquels le ministère « recommande » avec insistance… de ne pas affecter de professeurs débutant dans le métier : il paraît alors difficilement concevable d’y affecter des stagiaires et des étudiants.

Cette liste a été adressée aux chefs d’établissement la semaine dernière. Depuis, certains exercent de fortes pressions pour convaincre d’éventuels futurs tuteurs. Nous avons rappelé au Recteur que les nombreux refus collectifs qui se sont manifestés dans les établissements depuis des semaines reposent sur un grand sens de responsabilité des collègues –actuellement tuteurs pour beaucoup d’entre eux-, qui expriment leur refus de s’engager dans une tâche qu’ils ne pourront mener à bien. Nous avons rappelé les dangers que ce dispositif fera peser sur les stagiaires, sur les élèves, et sur l’ensemble de l’enseignement et de l’institution.

Nous appelons les collègues à refuser collectivement le dispositif et donc la fonction de tuteur, et à accompagner et soutenir les professeurs qui subiront d’"amicales" pressions. Ne restons pas isolés ! Organisons une riposte collective dans chaque établissement.

Jeudi 20 mars, participons nombreux aux initiatives organisées dans les départements pour exiger une réelle formation pour les futurs enseignants et dénoncer ce dispositif inadmissible qui sacrifie la formation des stagiaires, et va toucher près de 40000 élèves de notre académie et entraîner un blocage partiel des mutations.

Chapitre 5, 22 mars 2010… recherche solution désespérément

De nouveaux « aménagements » par rapport au dispositif précédent (cf. chapitre 4) viennent d’être annoncés lors du CTPA qui a eu lieu aujourd’hui. L’idée de faire rentrer les stagiaires (dont le nombre est maintenant de 275)… avant la rentrée a fait du chemin : la rentrée des stagiaires aura lieu le 24 août, avec une formation de 4 jours du 24 au 27 août. Reste un problème de taille : les arrêtés de nomination seront pris au 1er septembre ; avant cette date les stagiaires n’auront donc pas le statut de fonctionnaires-stagiaires. Pour éviter cet écueil, le rectorat les « invitera » à participer à la formation de 4 jours ; ils ne seront théoriquement pas tenus d’y participer, et ne seront pas payés pendant ces 4 jours. Mais cela ne règle en rien les problèmes de responsabilité, et de couverture, par exemple en cas d’accident, pendant ces 4 jours ou lors des trajets… La 1ère période de « formation » passe ainsi de 7 à 8 semaines.

Deuxième nouveauté, la 2ème période de « formation » (au mois de janvier), qui est du coup réduite de 5 à 4 semaines, sera encadrée par 2 semaines de « tuilage ». Ce qui mérite quelques précisions. A la rentrée de janvier, une 1ère semaine de « tuilage » : le stagiaire, et l’étudiant en M2 qui va ensuite le remplacer, seront ensemble dans les classes du stagiaire, ce qui est censé être pour l’étudiant une période d’observation et de pratique accompagnée ; puis, pendant 2 semaines, le stagiaire partira en formation et l’étudiant en M2 prendra seul en charge les classes du stagiaire ; ensuite, pendant 2 semaines, retour du stagiaire qui prendra seul ses classes ; puis pendant 2 semaines, le stagiaire repartira en formation et l’étudiant en M2 (le même ?) prendra à nouveau seul en charge les classes du stagiaire ; avec pour finir, une 2ème semaine de « tuilage » : le stagiaire et l’étudiant en M2 se retrouveront à nouveau ensemble dans les classes pendant une semaine, ce qui est censé leur permettre à tous deux de mener une réflexion commune sur leurs pratiques.

De quoi donner le tournis aux élèves : pour notre académie, plus de 35000 élèves verront ainsi se succéder de la rentrée à la Toussaint un remplaçant (TZR ou contractuel), le stagiaire et son tuteur, puis le stagiaire seul de Toussaint à Noël, suivi d’un chassé-croisé répété entre le stagiaire et « son » étudiant jusqu’aux vacances d’hiver, et pour finir le stagiaire seul ! Il est par ailleurs difficile de ne pas remarquer qu’au bout du compte, c’est le stagiaire qui finit par « former » l’étudiant.

Chapitre 4, 8 mars 2010… la saga continue

Depuis le 10 février, des rumeurs évoquaient de nouvelles modifications dans le dispositif. Le CTPA qui s’est tenu aujourd’hui permet d’y voir un peu plus clair, même si plusieurs questions « techniques » sont encore loin d’être tranchées. Ces « évolutions », et les incertitudes qui subsistent, confirment l’impression d’improvisation qui règne depuis l’annonce de ce dispositif dont la logique, et les aspects les plus graves, perdurent : les nouveaux professeurs et Cpe auront l’an prochain un service complet ! Suppressions de postes obligent ! La période de « formation » prévue initialement en février (cf. chapitres 1 et 2) aura lieu à la rentrée des vacances de Noël, et pour une durée de 5 semaines au lieu de 6. Pendant lesquelles le stagiaire sera remplacé… par un étudiant en M2 : cet aspect du dispositif n’a jamais été modifié. Élément nouveau, le tuteur du stagiaire sera aussi le professeur référent de l’étudiant. Cette nouvelle décision montre certes un souci de cohérence, mais le cahier des charges du tuteur prend des proportions titanesques. Pour la période allant de la rentrée scolaire aux vacances de Toussaint (7semaines), les choses se compliquent. Le stagiaire rentrera quelques jours avant la rentrée, pour suivre une formation préalable. Puis jusqu’à la Toussaint, il alternera, dans des conditions et selon un rythme encore à déterminer, des moments de pratique accompagnée dans ses classes et en présence de son tuteur qui, lui, sera alors remplacé par un Tzr ou un contractuel, avec des moments de « formation » (dans d’autres classes ? à l’Iufm ? ou autres ?) pendant lesquelles c’est le stagiaire qui sera remplacé par le Tzr ou le contractuel. Chaque stagiaire aura ainsi ses 12 semaines (7 + 5) de « formation ». Voilà donc 2 autres aspects du dispositif qui ne varient pas :
- le nombre d’élèves qui vont subir ce dispositif et verront se succéder au moins 3 « enseignants », parmi lesquels le stagiaire et un étudiant en M2 est toujours de plus de 35000 pour notre académie, et de plus d’un million au plan national.
- pour l’essentiel, la formation des stagiaires se résume à de la formation… sur le tas. Et les objections que nous avions exprimées restent entières. On imagine sans peine ce que sera la première année de ces collègues débutant dans le métier quand on connaît les difficultés rencontrées par les actuels stagiaires qui ont un service de 8h en responsabilité, les problèmes innombrables auxquelles ils vont être confrontés, les risques que ce dispositif leur fait courir, la faiblesse de leur formation professionnelle, les difficultés pour préparer leurs cours, gérer leurs classes …

- Chapitre 3, 10 février 2010

Décidément, la confusion s’ajoute à l’improvisation. Lors d’une entrevue lundi dernier concernant le sort réservé aux stagiaires 2010, nous avons appris du ministère que le dispositif recommandé lors des 6 semaines de la rentrée à la Toussaint était le dispositif initial (cf. chapitre 1 ci-dessous et consulter le communiqué diffusé par le Snes et le Snep au niveau national). Visiblement, le ministère de plus en plus embarrassé, renvoie la balle aux rectorats

- Chapitre 2, 8 février 2010

Le projet du ministère pour la formation des professeurs stagiaires à la prochaine rentrée, et son application dans notre académie, ont suscité une véritable vague de protestations : collègues, tuteurs, mais aussi parents, et bien au-delà... Plusieurs journaux, y compris au plan national, ont diffusé l’information que nous avions rendue publique à la mi-janvier, à l’issue du Ctpa (cf. ci-dessous, chapitre 1). Devant « l’émotion » suscitée par la 1ère version de son projet, le rectorat de Montpellier envisage quelques modifications, qu’il vaut mieux mettre au conditionnel dans la mesure où elles relèvent encore de la rumeur, et subissent de fréquentes « évolutions ». Pour les 6 premières semaines (de début septembre à la Toussaint), l’idée que le tuteur aille dans la classe du stagiaire serait abandonnée. Mais dans ce cas, une question toute aussi grave se pose : qui remplacerait le stagiaire pendant ses « moments de formation » ? Un Tzr, ou un contractuel ? Et dans ce cas, le problème des 35000 élèves de notre académie concernés qui auraient au moins 3 professeurs, dont un stagiaire et un étudiant, resterait entier (cf. ci-dessous). D’autre part, la période de « formation » des stagiaires en février, initialement 6 semaines, serait ramenée à 4 ou 5 semaines, et les stagiaires feraient leur rentrée une ou 2 semaines avant celle des élèves ? Mais dans ce cas, de nouvelles questions se posent : que serait cette formation, et qui l’assurerait ? Enfin, les stagiaires auraient une dernière période de formation … en juin … au moment des examens et de la fameuse reconquête du mois de juin. La part d’improvisation de ce dispositif est extrêmement inquiétante et montre à quel point le ministère se préoccupe peu de la qualité de la formation des stagiaires et de l’intérêt des élèves (rappelons-le encore une fois, au moins 35000 élèves concernés dans notre académie). Quoi qu’il en soit, les suppressions de postes dans les établissements se confirment chaque jour. Une part importante des postes libérés par les départs en retraite servira à implanter des « berceaux » (les supports de 18h pour les stagiaires), ce qui va entraîner de nouvelles mesures de carte scolaire, une augmentation des postes à compléments de service, et des risques importants de blocage du mouvement intra-académique.

Face à cette politique dévastatrice, la mobilisation de toute la profession est indispensable. Ensemble, exigeons une autre politique pour le Service Public d’Éducation, pour nos élèves et pour notre métier. Alertons les parents, l’opinion publique, les media. Adressons-nous aux élus. Multiplions les actions dans chaque établissement. Préparons de nouvelles mobilisations de grande ampleur pour la rentrée des vacances d’hiver. Montpellier le 8 février 2010

- Chapitre 1, 15 janvier 2010

Décidément, le ministère ne sait plus qu’inventer pour supprimer des postes. Dernières « victimes » de sa politique, la formation des stagiaires, les stagiaires lauréats des concours eux-mêmes, et les élèves. On se souvient que le ministère avait imposé, contre l’avis de tous, d’augmenter de 8 à 12 h la durée hebdomadaire du service en responsabilité des stagiaires du 2nd degré reçus à un concours de recrutement (Capes, agrégation, Caplp, professeurs d’EPS). Décision déjà particulièrement grave car elle amputait très lourdement la formation pédagogique des stagiaires. Mais qui ne lui suffisait pas pour atteindre les 3000 suppressions de postes décidées au titre de supports stagiaires sur les 5200 suppressions décidées dans le 2nd degré pour la prochaine rentrée.

Lors du dernier CTPA, le rectorat de Montpellier a présenté le dispositif qu’il a retenu dans notre académie pour appliquer la dernière « invention » du ministère : les stages « massés », celui-ci laissant le soin à chaque rectorat de l’appliquer techniquement sur le terrain. La très grande majorité des académies (toutes ?) adoptent des dispositifs comparables.

A la rentrée, les stagiaires reçus aux concours de recrutement du 2nd degré seront affectés sur un poste « normal » (de 18h) « pas trop éloigné » d’un des 3 sites IUFM. Ce poste serait pris sur l’ensemble des postes disponibles pour le mouvement intra-académique (rappelons que les stagiaires étaient, jusqu’ici, affectés sur des supports de 8h créés spécifiquement pour eux). Jusqu’à la Toussaint, les stagiaires seront en responsabilité dans leurs classes, pour un service de 18h, en présence de leur tuteur. Durant ces 6 semaines, le tuteur sera remplacé dans ses propres classes, par un TZR s’il reste des TZR disponibles, ou par un contractuel. De la Toussaint au mois de février, chaque stagiaire assurera seul son service de 18h. En février, il suivra une formation pédagogique de 5 ou 6 semaines (Iufm, université … ? Le rectorat lancera un appel d’offre pour choisir « l’opérateur » chargé d’assurer cette formation). Le stagiaire sera alors remplacé dans ses classes par … un étudiant en M2, admissible au concours de recrutement et volontaire dans le cadre des stages « 108 heures ». Puis, jusqu’à la fin de l’année, le stagiaire assurera seul son service de 18h dans ses classes. Enfin pour étoffer un dispositif dont il semble mesurer la légèreté pédagogique, le rectorat va demander aux établissements de prévoir une journée « sans cours » dans l’emploi du temps des stagiaires - qui assurera donc la totalité de ses cours sur les autres jours de la semaine - afin qu’ils puissent suivre ce jour-là des formations pédagogiques.

Incroyable … mais vrai ! A quelques aménagements éventuels près, c’est bien là le dispositif retenu pour « former » les futurs professeurs !

Est-il besoin de longs commentaires ? On imagine sans peine ce que sera la première année de ces collègues débutant dans le métier quand on connaît les difficultés rencontrées par les actuels stagiaires qui ont un service de 8h en responsabilité, les problèmes innombrables auxquelles ils vont être confrontés, les risques que ce dispositif leur fait courir, la faiblesse de leur formation professionnelle, les difficultés pour préparer leurs cours, gérer leurs classes … Quant aux élèves, 30000 au moins d’entre eux (250 stagiaires, 4 ou 5 classes de 30 élèves chacun) changeront plusieurs fois de professeurs, avec pour l’essentiel un stagiaire et … un étudiant. Les tuteurs prendront leurs classes … à la Toussaint. Les mutations seront amputées de 250 postes !

Que le ministère puisse concocter une telle usine à gaz montre à la fois son ignorance et le mépris dans lequel il tient notre profession, ainsi que l’importance réelle que le gouvernement attache à l’intérêt des élèves et à la qualité de l’enseignement.

C’est une nouvelle pièce qui vient s’ajouter à l’ensemble des décisions, projets et réformes (lycées, charge de travail en collège, décret Eple, formation des maîtres, droit à mutation, évaluation des personnels …) mis en place par le ministère pour supprimer des dizaines de milliers de postes (plus de 60000 depuis 2003) et tenter d’imposer des transformations radicales de notre système éducatif, la remise en cause de ses missions et de notre métier (se reporter à l’US, au dernier numéro de Montpellier-Snes et au 1er article sur notre site). Elle conforte notre détermination à poursuivre notre action contre la mise en responsabilité des étudiants utilisés comme moyens d’enseignement dans le dispositif des « stages 108h », à exiger le retrait de la réforme Chatel de la formation des maîtres, et à exiger une autre réforme, le doublement du nombre de postes aux concours de recrutement et une programmation pluriannuelle des postes aux concours.



A lire :

Liste des berceaux, nouvelles modifications, 9 juillet 2010

la liste des " berceaux " au 17 mai:attention, cettte liste va subir un certain nombre de modifications, en fonction de la présence ou non de tuteurs, et des réactions dans les établissements ; il y a d’autre part dans cette liste 13 berceaux dans des établissements d’Education prioritaire (RRS, sensibles, plan violence ... ) qui seront très probablement modifiés.

la liste des " berceaux " au 17 mai

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la formation des maitres bradée

présentation : formation des maitres une décision hallucinante

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la formation des maitres bradée
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présentation : formation des maitres une (...)
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